Apple is back in business

Je l’ai promis ce matin, voici donc ce qui me tourne dans la tête ces derniers jours.

En ce moment, c’est la WWDC. Ce grand raout est souvent l’occasion pour Apple de soigner ses développeurs et sa fanbase dans de grandes Keynotes à l’organisation bien huilé, extrêmement codifiées et il faut le dire sacralisées depuis le décès de Steve Jobs.

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Depuis lors, c’est l’actuel CEO, Tim Cook qui à le plus souvent officié lors de ces rassemblements.

Beaucoup, moi y compris avaient été déçus des dernières WWDC.
Les raisons étaient multiples.
Keynotes insipides, absences de nouveautés, stress palpable des différents intervenants …
Tout cela ne faisait que mettre en exergue le gouffre béant laissé par l’homme aux cols roulés.

Apple entrait alors dans une période compliquée, les médias ne se privant pas pour faire du « Apple Bashing » dès que l’occasion se présentait.
L’enfant chéri d’hier devenait alors le paria, l’entreprise qui allait de nouveau s’effondrer sans la vision de son génial créateur et gourou.

Hors, ce n’était pas la première fois qu’Apple faisait face à ce genre de critiques. Depuis les années 80, il se passe rarement une année sans qu’un disciple de Nostradamus ne viennent nous expliquer que sa chute est imminente.

Il est vrai que de nombreux signes semblaient, du moins sur le marché professionnel nous condamner à nous tourner vers le monde PC (yeark) lors de nos prochains renouvellements de matériel.
En effet, qui à gouté à la première version de Final Cut Pro X saura de quoi je veux parler, je ne m’étendrais pas non plus sur l’arrêt de fabrication des XServe en 2011 qui fut un coup terrible porté à de nombreux professionnels qui avaient placé leur confiance dans l’écosystème.

"Apple m'a tuer"

« Apple m’a tuer »

Mais dans l’ombre une armée de professionnels n’avait pas forcément perdu tout espoir et se raccrochaient à une simple année « 2013 » lâchée à plusieurs reprises par Tim Cook afin de faire patienter la horde.
Voilà en effet plusieurs années que le Mac Pro n’avait pas été renouvelé, il fût même récemment interdit de vente en Europe du fait de la vétusté de certains de ses composants.

Les attentes pour ce Keynote étaient donc très élevés, pour beaucoup, c’était l’occasion de relancer là machine, ou de se faire à l’idée que la prochaine décennie s’écrirait sans Apple dans les milieux pro.

Et Tim Cook est entré en scène.

La vidéo complète est visible ici :

Après une démonstration impliquant des petites voitures commandés par iOs qui personnellement m’ont laissés de marbre, puis après avoir subit la séance d’auto-congratulation traditionnelle sur les excellents chiffres des iDevices, il était temps de parler du Mac.

Entrait alors en scène Craig Federighi, chargé des divisions OSX et iOS, qui lors de sa dernière keynote avait été pour le moins catastrophique. Et la surprise (ou magie du media-training) il est apparu juste, sûr de lui et même drôle à plusieurs reprises.

Ces trois mots pourraient caractériser l’ensemble du keynote qui fut sans conteste le meilleur depuis 2007 et l’introduction de l’iPhone.

Le keynote de 2007 sur Youtube

Cet article n’a pas pour intention de commenter iOS 7 ou le passage de relais des Mac OSX Félins à Mac OSX Spot de Surf mais bel et ce que nous attendions tous comme un signe fort de la part d’Apple vers les Pro, en particulier de l’image, je prêche ici pour ma paroisse.

Après avoir introduit le nouveau MacBook Air, Phil Schiller, à eut le plaisir de nous dévoiler un coup d’oeil sur l’avenir, exercice difficile s’il en est, j’en veux pour preuve le magistral flop de Microsoft lors de la présentation de sa future Xbox One.

Ce genre d’exercice est rarement pratiqué par Apple, et on ne peut s’empêcher de voir ici l’ombre des différents groupe de pression à l’image de We Want A New MacPro qui n’a pas ménagé sa peine durant l’année passée.

Phil à donc pris son air le plus sérieux, et nous à tous bluffés. Nous attendions simplement un espoir, il nous à montré la vision de l’avenir selon Apple.

Un OVNI d’Aluminium, dont on ne saurait dire s’il porte le sceau des dernières visions de Jobs, ou les prémisses de la grandeur du tandem Jonny Ive / Tim Cook. Peut être les deux à la fois d’ailleurs.

Les premières images étaient difficilement compréhensibles, qu’était ce que ce cylindre noir ? Quelle taille faisait-il ?

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Et puis furtivement, la fin de la vidéo d’intro laissait apparaitre les connecteurs, permettant un rapport d’échelle. La salle murmurait, n’osant encore applaudir. Puis la lumière revins et on entendit crier tout ce que la salle comptait d’amoureux du Mac Pro.

Pour ma part je jubilait intérieurement à des milliers de kilomètres du Moscone Center, tout en sachant que bien d’autres étaient certainement dans le même état.

Avant de de présenter les caractéristiques de la bête, Phil se permettait un petit commentaire qu’on pourrait traduire par « Apple ne peut plus innover, mon c*l oui ! » témoignant de sa fierté devant cette nouvelle machine mais aussi d’un réel soulagement quand aux nombreux commentateurs du milieu qui n’y allaient pas de main morte il y a encore quelques jours quand ils parlaient d’Apple.

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Sa réponse tiens en ces quelques chiffres :

-Un processeur Intel Xeon 12 coeurs cadencés à une vitesse encore inconnue,
-De la Ram DDR3 1866 Mhz, en quantité max non spécifiée mais il se murmure qu’Apple aurait testé un modèle doté de 128 Go de Ram (dingue !?)
-Un SSD PCIe (Samsung ? Sandisk ?) qui devrait avoir des débits ainsi qu’un prix complètement délirants.
-Six ports ThunderBolt 2, 20 GBps sur chaque port.
-Double GPU AMD (Premier Mac livré en standard avec deux cartes graphiques j’y reviendrait plus tard)
-Un « coeur thermique » triangulaire qui dissipe la chaleur des trois facettes de la machine.

Voilà le nouveau Mac Pro.

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« Stay Hungry, Stay Foolish »
Voilà le précepte qui à du présider à la création de cette machine complètement folle.

En la voyant on ne peut s’empêcher de penser à feu le G4 Cube.

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Machine trop avant-gardiste, trop chère, trop limitée.
Il conviendra pour ce nouveau Mac Pro d’éviter les écueils qui furent létaux pour son ainé.

Pour cela il faudra évidement limiter le coût de cette machine afin de permettre aux entreprises de s’en équiper.
Mais le plan d’Apple tient en deux mots : Thunderbolt et OpenCL.

thunderbolt

La Pomme compte en effet sur l’extrême versatilité de l’ex LightPeak pour faire oublier la fermeture de sa machine.

Et avec six ports permettant chacun jusqu’a six périphériques, qui nous donnent par un savant calcul 6 x 6 = 36, plus les ports USB3, ont peut espérer que ce pari sera payant.

Actuellement on trouve quelques rares boitiers qui permettent de connecter plusieurs cartes PCIe via le port Thunderbolt, le succès de ce pari dépendra des vitesses possibles en Thunderbolt 2 qui à priori devrais permettre de passer du x4 au x8 pour ce type de boitiers, mais aussi de la volonté des constructeurs pour fabriquer ce genre de matériel.
Apple à laissé entendre récemment que les royalties demandés par Intel seraient un frein à l’adoption de la norme.
Peut être que la situation évoluera avec la version deux si Apple s’en mêle …

Apple peut également proposer directement des châssis d’extension ! Ce n’est pas une info mais bel et bien un fantasme personnel, mais pourquoi pas au fond ?
La meilleure façon de lancer la pompe serait peut-être que la Pomme mette les mains dans le cambouis …
Tout est possible !

open_cl

Une machine surpuissance, c’est bien.
Mais une machine sans applications, ça ne va pas loin.
Aussi dès l’annonce d’utilisation de GPU AMD, j’ai pensé à un échec.

En effet aujourd’hui un nombre grandissant d’applications font appel au GPU pour exécuter les calculs les plus complexes.
Apple s’est lancé sur ce terrain il y a plusieurs années avec son OpenCL, tandis ce que NVidia lançait sa solution propriétaire CUDA, utilisée sur Mac et PC.

Aujourd’hui on peut dire que Nvidia à gagné cette bataille car la plupart des logiciels du moment utilisent cette architecture, on compare même parfois les GPUs entre eux en se basant sur le nombre de coeurs CUDA.

Le pire était donc à craindre dès l’annonce de GPU non-NVidia.

Et pourtant cette nuit Grant Petty, CEO de BlackMagic Design m’a fait très plaisir.
Après avoir négligemment lâché que le nouveau MacPro était une « bombe », il s’est laissé aller à quelques confessions concernant la prochaine version du DaVinci Resolve, le logiciel d’étalonnage certainement le plus utilisé du moment.
En effet, l’homme n’a pas hésité à affirmer que la prochaine version serait pleinement compatible OpenCL.

Quelques heures plus tard, le PDG d’Adobe affirmait également qu’il fallait s’attendre à des surprises au goût d’OpenCL dans la prochaine CS …

Bref, ce Mac Pro semble né sous les meilleurs hospices …

Ne reste plus qu’a connaitre le montant de la douloureuse, et avec tout ce qui à été logé sous le capot, on peut raisonnablement commencer à économiser …

Beaucoup de choses sont encore à découvrir mais cet article est suffisamment long pour le moment,c’est maintenant à Apple et aux utilisateurs d’écrire la suite de l’histoire de cette machine.

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